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Pourquoi et comment ont disparu les dinosaures ?

 
Pourquoi et comment ont disparu les dinosaures ?

Les dinosaures sont partout, ils sont effrayants et pourtant les enfants les adorent et connaissent leurs noms par cœur. Certains disent qu’à l’image de la plus grande peur de nos ancêtres, le ciel leur serait tombé sur la tête, mais en sommes-nous bien sûr ?

 
 

La disparition des dinosaures a eu lieu durant ce que les paléontologues appellent la crise Crétacé Tertiaire. (K/T ou C/T) C’est l’une des cinq grandes crises, ou extinctions massives et brutales qu’a connue notre Terre, et qui marque le passage de l’ère secondaire (le Crétacé étant le nom de sa dernière période) à l’ère Tertiaire dont le fait le plus marquant (pour nous) est l’apparition de l’employé de bureau.

La question semble éculée, pourtant elle est d’actualité et de nouvelles découvertes mettent à mal la théorie du météorite que la majorité des spécialistes avait fini par adopter.

Rappel des faits.

L’histoire se passe il y a 65 millions d’années. Une concordance d’événements exceptionnels fait disparaître les grands reptiles qui régnaient sur la Terre. Mais les dinosaures ne sont pas les seules victimes de cette période. En effet 75 % des espèces vivants à cette époque disparaissent brutalement les plus célèbres étant les ammonites et avec eux 80% des espèces marines. Bref, les Tyrannosaures et autres bizarrosaures chers à Spielberg jouent tranquillement à mange-mi mange-moi sans savoir qu’un drame se prépare dans leurs dos et au dessus de leur tête. Un drame ? Non, plutôt trois, voire quatre.

Une seule conséquence mais plusieurs causes

Les spécialistes ont émis chacun leurs propres thèses défendues becs et ongles face à leurs collègues et non moins concurrents.

la régression du niveau des mers

Les relevés stratigraphiques permettent d’observer que le niveau des océans diminuait à l’époque. C’est ainsi qu’au Danien (voir schéma), notre belle capitale est sortie des mers, et que l’ancien bassin de Paris jusqu’alors recouvert par les eaux devint le bassin parisien dont la forme de cuvette et le sable de la forêt de Fontainebleau nous rappelle son passé aquatique.

Les Trapps du Deccan.

A cette époque toujours, la Terre nous fait une poussée d’acné. Imaginez qu’une région du globe (actuellement aux environs de l’Inde), large comme la France soit recouverte de volcans et de lave en fusion. Des explosions et des irruptions détruisent la vie alentour et saturent l’atmosphère de poussières. Le ciel s’obscurcit et la température chute brutalement. La lumière ne peut plus parvenir jusqu’au sol que de façon partielle provocant un hiver de plusieurs siècles.

Un malheur venu du ciel.

Les traps du Deccan furent longtemps l’explication ultime de cette crise jusqu’au jour ou l’on découvrit l’iridium. En effet, l’iridium est un composé très présent dans les roches de cette époque et tout laisse à penser que l’atmosphère était saturée de poussières riches en iridium provocant des extinctions en chaîne : qui dit poussière dit moins de lumière, donc moins de plantes, donc moins d’herbivores, donc moins de carnivores, et tout l’écosystème de l’époque est mis à mal. Mais d’où vient ce mystérieux iridium. Si on le trouve dans les roches volcaniques, il n’y est qu’en trop faible quantité pour soutenir la thèse des traps. C’est alors que l’on découvre non seulement qu’il est 1000 fois plus présent dans les roches stellaires, ou météorites qui frappaient régulièrement notre planète, mais qu’un énorme caillou est justement venu nous percuter à cette époque dans la belle ville mexicaine de Chicxulub, à cheval entre la péninsule du Yucatan et l’actuel Golf du Mexique. Les scientifiques tenaient enfin le responsable de la situation...

Tout le monde a raison... ou tout le monde a tort ?

Cette crise serait ainsi la réunion de différents cataclysmes liés ou non les uns avec les autres, mais qui eurent lieu au même moment, le météorite mexicain expliquant presque à lui seul cette crise. Mais c’est là que les choses se compliquent. On apprend dans la recherche n°379 d’Octobre 2004, que le météorite serait tombé 300 000 ans plus tôt que les premières estimations et qu’il ne serait donc pas coupable de tous les maux dont on voulait bien l’accuser. Cependant ces fameux dépôts d’Iridium viennent bien de quelque part, et le volcanisme ne l’explique pas. Ainsi les scientifiques sont désormais à la recherche d’un nouveau cratère caché quelque part sous des tonnes de sédiments, et au moins aussi gros que le premier.

Damien Lerminiaux
29/01/2006

 


Pour aller plus loin ...
 

> http://www.ens-lyon.fr/Planet-Terre/Infosciences/Histoire/Evolution/Articles/limiteKT.html

> La Recherche n° : 379 Octobre 2004.


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