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Que savons-nous de Vénus ?

 
Que savons-nous de Vénus ?

Vénus, si proche et pourtant méconnue. Notre voisine dans le Système solaire recèle des mystères encore loin d’être élucidés. Tandis que la mission européenne Venus Express est en cours, présentons celle que nous appelons communément « l’Etoile du Berger ».

 
 

Vénus et la Terre, soeurs jumelles du Système Solaire ? Ces 2 planètes voisines se présentent en effet de façon similaire : leurs tailles, masses et densités sont semblables [1]. Mais les rapprochements ne vont pas plus loin. Et pour cause... Comparée à la Terre, Vénus apparaît bien inhospitalière. Un véritable « enfer » où la température à la surface approche les 500°C et où la pression atmosphérique est 90 fois supérieure à celle que nous connaissons sur Terre.

Bien qu’elle ne soit que la deuxième planète la plus proche du Soleil - après Mercure -, Vénus est la planète la plus chaude du Système Solaire. La raison ? Son atmosphère très dense, composée à 96% de dioxyde de carbone, exerce un effet de serre puissant. Pourtant, cette atmosphère renvoie 80% des rayonnements solaires vers l’espace (effet parasol ou albédo) et en absorbe 10%. Seuls les 10% restants parviennent jusqu’à la surface vénusienne. Or le dioxyde de carbone et la vapeur d’eau de l’atmosphère, ainsi que l’acide sulfurique contenu dans les aérosols maintiennent l’énergie thermique à la surface de la planète.

L’atmosphère de Vénus comprend une importante couche nuageuse, d’une épaisseur d’environ 20 kilomètres. Ses nuages, composés de gouttelettes d’eau et d’acide sulfurique, couvrent la totalité de la planète. Ils sont tellement épais qu’ils cachent la surface de Vénus et réfléchissent les rayonnements solaires. En renvoyant la lumière du Soleil vers l’espace, cette couche nuageuse donne à la planète sa couleur blanc-jaune et son aspect brillant qui lui valent d’être aisément reconnue parmi les astres. Cependant cette couche nuageuse est en partie responsable de notre méconnaissance de Vénus. En effet, aucune observation menée depuis la Terre n’a réussi à la transpercer pour étudier la surface de la planète. Seules les sondes spatiales sont capables de nous renseigner.

Les missions que nous envoyons depuis 1962 [2] vers Vénus nous ont déjà donné de nombreux éléments pour comprendre l’évolution de la planète, en particulier en ce qui concerne sa surface. Vénus présente un relief accidenté qui témoigne d’une forte activité géologique, passée ou présente. Dômes volcaniques, canyons, montagnes très élevées (point culminant : Maxwell Montes, 17 km) et cratères météoritiques : voilà les composantes du paysage vénusien. Le volcanisme a façonné la surface de la planète. En effet, les roches y sont majoritairement basaltiques et on retrouve au sol des coulées de lave. Cependant, nul ne sait si ce volcanisme est toujours actif.

La datation des cratères donne des indications sur l’âge de la surface de Vénus. Or cette dernière semble très jeune. On ne trouve en effet sur Vénus aucune trace d’un passé remontant au-delà de 500 millions d’années. Cette relative jeunesse de la surface de Vénus s’expliquerait par son activité géologique. Il est possible que la surface se soit entièrement « reformée » à la suite d’une sorte d’éruption englobant toute la planète. Voilà comment les anciens cratères auraient disparu. Et Vénus aurait ainsi fait peau neuve !

Vénus a encore bien d’autres secrets. Par exemple, elle fait exception dans le Système solaire en tournant dans le sens inverse du sens de rotation des autres planètes. Pourquoi ? D’ailleurs, sa rotation est très lente. Il ne lui faut pas moins de 243 jours terrestres pour accomplir un tour complet sur elle-même ! Par contre, 224 jours terrestres lui suffisent pour tourner autour du Soleil. Ces 224 jours terrestres représentent donc une année vénusienne. Cela revient à dire que sur Vénus, un jour dure plus longtemps qu’une année ! Si la planète tourne lentement sur elle-même, en revanche, son atmosphère n’adopte pas le même rythme. La vitesse de rotation de l’atmosphère de Vénus est 70 fois plus rapide que la vitesse de rotation de la planète ! Voilà un nouveau mystère... En conséquence, l’atmosphère est animée de vents extrêmement violents, certains dépassant 300 km/h ! Leur force décroît pourtant à mesure que l’on se rapproche de la surface de la planète.

Cette faible vitesse de rotation serait responsable de l’absence de champ magnétique. Sans ce dernier, la planète est particulièrement exposée au vent solaire. Cette conformation, associée aux caractéristiques internes de Vénus, aurait mis en place des mécanismes complexes qui mêlent étroitement l’atmosphère et la surface de la planète. L’une ne peut s’étudier sans l’autre. Quelles interactions les relient ? Quelle est la composition de l’atmosphère de Vénus ? Nos connaissances restent limitées. Depuis 1962, pas moins d’une vingtaine de sondes américaines ou soviétiques ont pris le chemin de Vénus. Aujourd’hui, c’est l’Agence Spatiale Européenne qui se lance à la découverte de notre voisine. La mission Venus Express est dédiée à l’observation globale à distance de la planète. La sonde, lancée avec succès en novembre 2005, fait un voyage de 5 mois avant d’approcher Vénus. Atmosphère, ionosphère, activités volcanique et sismique seront les principaux champs d’étude de la mission.

[1] Comparaison Vénus / Terre - Rayon (km) : 6052 pour Vénus, 6378 pour la Terre ; Masse (kg) : 4,87x10^24 pour Vénus, 5,98x10^24 pour la Terre ; Densité (kg/m3) : 5250 pour Vénus, 5520 pour la Terre

[2] 1962 : Mission américaine Mariner 2, premier survol de Vénus.

Keelin Court
28/03/2006

 


Pour aller plus loin ...
 

> Vénus

> La mission Venus Express (en anglais)


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